dimanche 13 avril 2008

"Ecoutez l'histoire de ... Bonnie and Clyde."

I was born a cancer - Jack the ripper

I.

Ca y est, je suis sorti. Le soleil est haut. Je crois que midi approche. Les gens se pressent dans les restaurants dont je ne connais que les portes closes d’habitude. Il fait bon, peut-être est ce le printemps. Je dois attirer l’attention, moi et ma tenue de vampire.

J’entre dans ce que les gens nomment la spirale infernale. Je chute, tout comme eux ; sur le point de rompre avec la vie réelle, ou plutôt ma vie réelle. Une part de moi s’évade sous le regard des gens et je perds tous repères.

Les rouages rouillés de la vie m’entourent, et le maelstrom de sons me désorientes. Des flashes colorés m’agressent, je pense que je ne suis plus le même. En déséquilibre constant. Je vais tomber dans cette marée humaine aux reflets d’acide. Me maintenir dans le monde me fatigue. Qui suis-je ?

///

Un passant m’agresse en me demandant l’heure. Il est à contre jour, il semble menaçant, j’ai peur. Je le frappe, et m’enfui ensuite, par peur que les ennuis arrivent.

Je suis rentré chez moi, j’ai fermé la porte à double tour. J’attends depuis, seul dans le noir, je suis traumatisé.

II.

J’ai peur, mais pourtant, je ressors. La vie se mérite parait-il, je dois donc faire des efforts. J’ai attendu qu’il fasse moins jour. J’ai attendu que le soleil soit moins brûlant. Je suis dehors, il y a du vent aujourd’hui, et ça me fait penser à la nuit, c’est rassurant.

Il est 17h30.

Je me dirige au hasard des rues. Je ne me suis pas protégé de ma carapace assoiffée de nuit. Je suis seulement Clyde, pour une fois dans ma vie. Je fume tout en marchand. Enlevé du flou artistique de l’obscurité, la ville est méconnaissable. Peut-être parce qu’elle est trop fausse.

Mes pas m’ont menés jusqu’au port. Je m’assois sur un banc, j’aimerais boire un verre. Dans ce labyrinthe, je ne sais pas où la trouver. Le ciel est rouge, rouge sang.

///

Une ombre passe, le regard lointain. J’écrase ma cigarette, en profitant de la beauté de ses gestes. Une ombre passe, tout en maladresse. Je crois que je tombe amoureux, à nouveaux. Je ressuscite, surtout.

Elle semble hésitante, en proie au désespoir. Un cafard à ses pieds. Je me lève la prend par le bras ; l’aide. Elle me regarde, sans comprendre.

« Bonsoir Bonnie ; moi c’est Clyde. »

Macadam Cowboy.

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