mercredi 14 mai 2008

Tango Whiskayman


Arc en ciel pour daltonien - La caution

Elle était à moi, ou presque. Je la tenais par la main, elle semblait réelle. Elle avait une consistance. J’en fus abattu. Ou démuni, je ne sais pas vraiment. Une ombre flottait derrière elle, dans une profondeur anthracite. Le vent soufflait, j’ai cru qu’il me demandait qui j’étais. Elle semblait troublé, me regardait sans me voir.

J’avais des frissons. Mon corps n’était qu’une cage dans laquelle des fauves se débattaient, et criés si fort. La nuit donna de ses nouvelles. Une tache sombre s’étendait vers la voûte céleste. J’ai eu peur.

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On fuyait, courant comme des dératés vers la lumière. Les gens nous regardaient étrangement. Nous sommes heureux ; et j’ai peur de cette tache sombre maintenant que je t’ai trouvé Bonnie.

Je ne veux plus être un vampire. Je ne veux pas que tu voies mon monde. J’en ai honte. Nous courons, nous fuyons, vers ce ciel ensanglanté ; laissant derrière tan de souvenirs happés par le noir. J’ai tellement peur du noir.

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Nous nous sommes arrêtés devant un immeuble des vieux quartiers. Il a pris un trousseau de clefs, et je l’ai suivi, jusqu’à ce qui semblait être « chez lui ». Je regardais mon kidnappeur ; mon si beau ravisseur. Je pensais qu’il serait autant heureux que moi ; mais il semblait tellement effrayé. Effrayé que je m’envole ou d’autre chose.

Il a lâché ma main, mais j’aurais voulu qu’il la garde. Nous étions là, propulsés dans un décors de cinéma, essoufflés, ne sachant que jouer.

Il me regardait maintenant. Les effets des narcotiques s’estompaient. Il était beau. Un fauve au regard fou. Je me sentais si moche sous son regard.

« La vie, ce n’est que des papillons au creux du ventre. »

J’avais parlé, sans m’en rendre compte. Il sourit, cela devait faire longtemps qu’il ne l’avait pas fait.

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Nous n’étions plus dans l’entrée, nous n’étions plus nulle part à vrai dire. Ou partout. Je souriais sans penser à m’arrêter. Nous ne parlions pas, on comprenait.

Il avait mis un vinyle, la musique emplissait la pièce.

« Tango Whiskey Man »

Il me servit un verre de café frappé.

Les murs étaient blancs. L’atmosphère était lourde et froide. Impersonnelle. Un morceau Jazzy débuta. Et dans les remous de la contrebasse, je ressentis la vie qui s’échappait, pour mieux revenir.

Les murs étaient blancs, cela me rendait triste. Je me suis levée du sofa. Il me regarda de sa place, et j’ai posé ma main sur le mur. Un arc-en-ciel apparut, et dessous, une fresque. En l’honneur des quatre saisons, et du temps qu’il fait dehors.

Le plafond était une voûte céleste ; entre chien et loup. Sa voix rauque s’éleva. Il chanta le refrain du morceau, doucement, comme une caresse.

“In the dawn of the silvery day,

Clouds seem to melt away.

She brings the rain... Oh yeah.

She brings the rain...”

Il s’approchait.

Je souhaite dès maintenant qu’il me prenne et m’amène. Il m’embrassa. La vie, c’était le septième ciel. Il ouvrit la bouche :

« La vie, c’est juste une boule inexplicable et douloureuse dans la gorge. »

Après tout ; la vie est inexplicable.

Macadam Cowboy

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