
-La ville est encore plus fade en ces jours de fête…
La demoiselle se tient penchée sur la poutre d’un immeuble en miettes, treize étages de vide complétant celui qui l’emplit.
De sa bouche sortent les bulles d’une discussion décousue.
Devant ses pieds nus se tient un minuscule cafard, un peu inquiet mais attentif.
Loin de répondre aux élucubrations douteuses qu’elle lui murmure, il reste dubitatif face à sa dernière idée.
Ses longues tresses d’indiennes s’étaient évaporées, découvrant une coupe de petit garçon, de la couleur de ses lèvres bleu pâles… c’était plus sauvage.
- Regarde Gaspard. Vois là bas tous ces clowns qui se croient vivants ; hume la saveur amère de leur utopie sclérosée.
Gaspard le cafard.
Petite, croyant n’avoir jamais eu de prénom, elle a commencé à en donner un à tout ce qu’elle croisait.
Gérard la tulipe, Fabienne la grille, Edouard le pinceau. Et Gaspard le cafard. Son ami.
Elle annonce alors dans un souffle (vanillé) :
- Allons fêter avec eux leur hypocrisie centenaire.
Et sous les yeux d’un Gaspard ébahi, elle laisse le vide happer son corps chétif, le regard brillant tourné vers le ciel éternellement rouge.
La fumée de la cité l’enveloppe et doucement l’étend sur le bitume d’une ruelle, où elle s’endort paisiblement.
Fantaisie Impromptue.
« La vie est une pilule à avaler en une seule fois. »
« Tu crois ? »
« Comment pourrait-elle faire effet sinon ? »
« Je ne suis pas convaincu… »
« Alors mange-moi Cowboy »
Et il la mangea.
« Dis maman, quand je serais grande le prince charmant il fera quoi ? »
« Il te mangera. »
Diable, comme elle avait raison.
Bécassine

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